Je suis à relire certains de mes écrits et celui-ci, adressée à une amie, me fait du bien. Je ne l'avais pas envoyé à mon amie pour une raison qui sera expliquée à la fin. Mais voilà un peu de moi, le moi qu'il est temps que j'affirme à l'extérieur de ma maison et de ma famille.~*~*~*~*~*~*~*~*~*~
Juin 2008
Je pensais à ça....en faisant la vaisselle tantôt.
Je ne sais pas si tu te souviens mais on a eu une mini-discussion récemment au sujet des choix parce que tu disais qu'on a
toujours le choix et j'étais (et suis encore) totalement en désaccord.
Je t'ai dit à ce moment là qu'un choix, c'est la possibilité de deux
solutions acceptables. Qu'un choix entre une solution acceptable et une solution inacceptable voire horrible (impossible pour ce qu'on peut, pour ce dont on est capable, pour ce qu'on veut) n'est pas un choix.
Je n'y ai pas repensé depuis mais pendant que tu étais en vacances, j'ai commencé à lire
Le Pouvoir du moment présent de Eckhart Tolle et comme je fais tout à l'envers ces temp-ci, j'ai commencé à le lire par la fin (littéralement).
Il y a un bout sur le choix que je voulais prendre le temps de scanner pour te l'envoyer. Par contre j'ai été occupée à autre chose et je dois maintenant remettre le livre en fin de semaine, ce qui fait que j'ai demandé à mon fils de le scanner pour que je puisse te l'envoyer. Tu verras ce que Tolle en dit. Ce n'est pas exactement ce que je disais l'autre fois mais je suis aussi complètement d'accord avec lui.
La raison pourquoi je te l'envoie c'est pour partager un peu plus avec toi ce que je vis en ce moment. Tu sais quand je dis que je n'ai pas envie de parler, d'expliquer (mais je le fais quand même en ce moment :p) ?
Je me sens comme ça en ce moment entre autre parce que je trouve que ça ne donne rien de parler car tout ce qu'on dit est incomplet et dès lors, nuisible à la compréhension.
Quand tu dis qu'on a toujours le choix, je sais que tu parles de vrais choix, pas de choix entre un bien et une impossibilité mais quand tu le dis, en vitesse comme ça, je dois me mettre à analyser, à stopper tout pour trouver, ou retrouver ce que tu veux vraiment dire. Et j'en ressors épuisée.
Si tu dis "on a toujours le choix" à quelqu'un qui est dans l'inconscience de sa vie, tout ce qu'il va ressentir c'est de la frustration et tu ne l'auras pas aidé, il se fermera même davantage et percevra ce que tu as dit comme une menace ou ressentira son incompétence ...
Alors je me demande pourquoi on parle pour dire quelque chose rapidement comme ça, en n'en omettant une partie ou même en vitesse, juste pour lancer une phrase qui finalement n'aide pas?
Et j'ai l'impression que tout ce qu'on dit ne donne rien et en fin de compte, on ne comprend jamais vraiment ce que l'autre personne veut dire car elle ne l'exprime pas en entier et ne peut vraisemblablement pas l'exprimer en entier. Pour ça il faut vraiment bien la connaître, l'accepter et avoir beaucoup de temps à sa disposition.
Et je me retrouve devant mon jugement de jeunesse. Quand j'avais 16, 17, 18 ans, je jugeais fortement les gens qui ne faisaient que parler de leur nouveau nettoyant à vaisselle ou de ce qu'ils avaient vu au magasin, etc. Je voulais voir les gens parler de leurs sentiments, de leur façon de voir la vie.
Et en ce moment, je n'ai envie que de parler de liquide à vaisselle et de shampooing... Parce que le reste, on n'a jamais le temps de l'exprimer complètement et on n'a rarement l'écoute silencieuse de l'autre. On se retrouve souvent devant son opinion, ses conseils, ses jugements, même si on ne le lui a pas demandé... En fait, ça me rend très triste...
Ça me rend triste aussi parce que je vois que tout le monde (moi y compris - j'y travaille depuis quelques années) a des "opinions" sans fondements, basées sur des préjugées, sur des jugements, sans avoir le vécu ou l'expérience. En fait même si les gens se disent "non-religieux", ils lancent leurs opinions comme religion.
Je veux défaire mes "
opinions religieuses" sur les choses, sur les gens, sur leur comportement et j'ai donc maintenant beaucoup de difficulté à me retrouver avec ce genre de personne.
En faisant ma vaisselle, j'ai compris ce qui m'arrive... je suis en année 9, je dois nettoyer tout ce dont je n’ai plus besoin, tout ce dont je ne veux plus, pour recréer ensuite une autre partie de ma vie, la prochaine partie de ma vie.
Je vais faire quelque chose avec toi. Je vais te dire ce que j'aimerais vraiment. Je vais être franche. J'aimerais que tu lises ce courriel et que tu ne fasses qu'accueillir ce que je dis, l'accueillir comme une simple lettre de quelqu'un qui veut expliquer comment elle se sent.
En fait, ce que je veux c'est que tu ne répondes pas à cette lettre parce que j'aurais l'impression que tu me laisses vivre ce que je vis en m'offrant juste ton oreille. Comme si tu me prenais dans tes bras, sans rien dire.
Et pour être certaine que je vais l'avoir, je ne t'enverrai pas cette lettre et vais imaginer que tu as compris et me serre dans tes bras.